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Aimez-vous le cinéma ?

Moi j’en raffole. C’est presque une dépendance. J’en mange. J’ai aussi une conception assez précise de ce que je considère comme un cinéma : après tout, l’expérience cinéma ne date pas d’hier ! Elle a passé le cap du siècle comme technologie depuis son invention par les frères Lumière quelque part en 1891. On parle bien de projeter un film sur une toile, dans une salle assombrie ou même dans une noirceur totale. Je me souviens d’avoir lu quelque part que le meilleur endroit pour s’asseoir dans une salle était la septième rangée, au centre. De cette place, dans la plupart des salles, l’écran remplit notre champ de vision complètement. Et n’en déplaise à certains, si on veut reproduire cette expérience le plus fidèlement possible, ça prend ces ingrédients-là et soyons honnêtes, ça demande plus d’efforts pour l’installation que pour une télévision ordinaire. Sauf que comme pour toute chose dans la vie, le motivateur dans ce genre d’entreprise consiste à garder les yeux fixés sur le prix : une image d’une taille spectaculaire, ayant un impact que même les télévisions grand format n’arrivent pas à atteindre. En fait, on commence à s’en rapprocher (la plus grande télé que j’ai vue avait une diagonale de 84 pouces, ce qui n’est pas rien) mais le prix est nettement plus élevé que de combiner un projecteur et un amplificateur audio avec les haut-parleurs et le trouble de l’installation. On peut donc avoir une image gigantesque en payant moins cher que pour une télé format géant, et au mieux celle-ci va quand même exiger une barre de son pour être potable du point de vue audio. Il ne faut pas se le cacher, le son fait partie intégrante du spectacle et sans une bande sonore bien ficelée un film peut sembler très fade.

Bon, vous m’avez vendu l’idée, comment fait-on ?

La première chose à faire consiste bien sûr à évaluer si on peut. Par exemple, si le seul espace disponible est dans un coin, entre une plante et un fauteuil, avec trois bibliothèques, une porte patio et le sofa, je pense qu’on va devoir soit envisager un autre endroit ou carrément oublier le projet. Comme le dit Bob Gratton, un projecteur c’est « think big… » ok, je laisse de côté le dernier mot à Bob. Il est vrai qu’un téléviseur, c’est assez simple à installer n’importe où (ou presque). Un meuble bas, une télé, l’enregistreur numérique, un lecteur bluray, un amplificateur audio, quelques haut-parleurs et du câblage. Un peu de patience, de lecture (surtout pour assembler le meuble) et voilà, on a un système télévisuel d’installé. Youpi. Je simplifie à l’extrême, bien entendu, car monter un meuble, c’est pas toujours de la tarte. Mais le branchement d’une télé, même si on inclut un amplificateur dans le système, c’est devenu plutôt simple avec les câbles HDMI, qui transportent à la fois l’image et le son. Pensez-vous : UN SEUL FIL. Dans mon temps… ça en prenait plus que ça. J’ai un coffre plein de ces câbles désuets (et chers) qui ne servent plus à rien aujourd’hui. Snif.

Mais quand même, un projecteur ?

Bon, si c’est si simple installer une télé, pourquoi se donner le trouble d’installer un projecteur ? Excellente question. Rappelez-vous la prémisse du début de l’article : c’est pour reproduire l’expérience cinéma. Ce qui signifie une image beaucoup plus grande que celle de n’importe quelle télé disponible sur le marché. En fait, si ça se faisait en format télé, un tel écran serait très lourd, et difficile (voire pratiquement impossible) à livrer sans le démolir. Imaginez un peu une vitre de 9 ou 10 pieds de large (ou plus !) d’un seul morceau et vous commencez à avoir une idée du défi. La plupart d’entre nous avons tous en mémoire un téléphone cellulaire avec un écran tactile émietté, alors si c’est facile d’échapper un téléphone, imaginez pour une télé de cette dimension. Pour un projecteur, une image d’une taille telle qu’elle emplit votre champ de vision, ça ne pose pas de problème particulier, sauf qu’il faut qu’on puisse positionner le projecteur suffisamment loin de l’écran pour obtenir la taille souhaitée. Le gros du défi est là. Du coup, le projecteur va normalement s’installer au-dessus de notre tête, requérir un câble HDMI assez long pour rejoindre l’amplificateur audio, lequel sert normalement à gérer les différentes sources qu’on veut projeter en plus de fournir un son spectaculaire pourvu qu’on lui adjoigne des haut-parleurs de bonne qualité. Il existe plusieurs technologies de projecteur. Mais en ce qui a trait au positionnement, il y a deux genres de lentilles qui peuvent faire une différence dans le degré de difficulté :

  1. Le modèle « normal », qui requiert environ 12 pieds (et plus) entre la lentille et l’écran pour obtenir une image de taille adéquate ;
  2. Le modèle à courte portée (en anglais : short throw). Ce type de lentille permet d’installer le projecteur beaucoup plus près de l’écran ou du mur sur lequel vous compter projeter l’image.

Si la pièce est de grandes dimensions, on peut choisir un ou l’autre selon ce qu’on recherche. Il y a plus de modèles à lentille normale que à courte portée, on peut donc sélectionner un appareil qui soit plus près de nos besoins, par exemple si on veut une luminosité supérieure qui permet de tolérer (un peu) de lumière ambiante.

Si la pièce est relativement peu profonde, par exemple moins de 14 pieds, on peut alors vouloir se rabattre sur un modèle à courte portée.

Il existe un outil pour permettre d’avoir une idée AVANT d’acheter le projecteur et déterminer si on va pouvoir en tirer une image de la taille désirée. Par exemple, j’avais vu un modèle en vente et j’ai voulu savoir si ça remplirait mon mur dans le salon qui fait neuf pieds de large et si oui, à quelle distance le placer pour obtenir ladite image. Le site ProjectorCentral.com (en anglais) propose une calculatrice dans laquelle on choisit le fabricant, le modèle, les unités (pour les plus jeunes, le système métrique est bon, mais ma caboche préfère les pieds et pouces), et ça nous donne des glissières de contrôle qu’il suffit de déplacer pour voir le calcul se faire immédiatement.

Exemple de calcul de distance pour projecteur

À noter que si vous procédez à des rénovations, ça peut être le bon temps pour penser à une installation de projecteur. Par exemple, j’avais un mur ouvert dans la pièce adjacente derrière le sofa, j’en ai donc profité pour passer le câble HDMI de 35 pieds que j’ai acheté exprès pour ça directement dans le mur. Un petit trou dans le haut du mur là où s’installe l’appareil et le tour est joué.

Projecteur monté au plafond

Projecteur monté au plafond (le petit fil qui descend se raccorde à l’émetteur pour les lunettes 3D)

Certains modèles peuvent aussi fonctionner en WiFi, mais ils ne sont pas légion, et dépendamment du positionnement du routeur sans fil dans la maison peuvent ne pas fournir une image de manière fiable. Et puis, plus on a de gadgets WiFi, pire est la situation : tous ces bidules finissent par se chamailler pour la bande passante. En clair : je ne pense pas que le WiFi soit une bonne solution. Et plus on avance avec la technologie sans fil, plus les puissances augmentent de même que le nombre de fréquences. Bientôt, sous prétexte de se sentir libre comme l’air dans la maison et autour, on va se cuire les neurones. Cependant je conçois que pour certains environnement, le sans fil peut s’avérer être la solution la moins destructrice, par exemple si on a un plafond tout en lambris de bois, commencer à le charcuter c’est pas drôle. C’est sûr que passer du câblage, c’est plus d’ouvrage. Monter le projecteur au plafond aussi. Et puis, il faut figurer à quelle distance on le place, mais honnêtement, ça peut se déterminer relativement facilement, il suffit de placer le projecteur sur une petite table, positionner celle-ci à peu près où on veut installer le projecteur, on lui connecte une source de vidéo (DVD ou autre) et voilà. On projette l’image, on examine si la largeur est correcte et si ça arrive où veut sur le mur ou la toile. De là on n’a qu’à prendre un ruban à mesurer pour la distance mur/projecteur. La plupart ont un zoom pour faciliter le positionnement, mais il ne donne pas tant de jeu que ça (il peut grossir l’image d’à peu près 20%). Il faut aussi faire attention au positionnement si la lentille n’est pas au centre sur la façade du projecteur et en tenir compte une fois qu’il sera inversé au plafond (mon modèle Optoma est comme ça, mais il en existe d’autres dont la lentille est centrée avec le support d’installation au plafond donc à l’envers ou à l’endroit, l’image atterrit au même endroit).

Est-ce que ça prend une toile de projection ?

Pas nécessairement. En fait, j’en avais acheté une avec le premier projecteur. Pour dire vrai, ça venait en kit, donc je ne suis pas sûr que la toile que j’ai eue (d’une diagonale de 92 pouces) ait été de la meilleure qualité possible. Il se trouve que la surface était quelque peu… gondolée? En d’autres termes, la surface n’était pas parfaitement plane, ce qui avait pour effet… Comment le décrire ? Quand on regardait quelque chose où il y avait un mouvement de caméra élevé, ou bien beaucoup d’action, l’image donnait l’impression de pomper l’air. Je ne sais pas comment le dire, mais le résultat était que c’était pas beau. Le mur derrière la toile n’était pas blanc, mais d’une couleur crème assez pâle, on a donc testé l’image sans la toile et c’est resté comme ça depuis. Un moment donné je testerai soit une peinture soit une toile fixe, pour voir si je peux améliorer l’image (qui est déjà excellente, donc je ne suis pas trop motivé à jouer avec une recette qui est déjà gagnante). Un sujet pour une autre fois…

Et la durabilité ?

Il y a un point qui peut en arrêter plusieurs : la durée de vie de la lampe. Un jour, quelqu’un va se réveiller et proposer un projecteur avec une lampe à DEL à la fois durable et abordable. Présentement un tel projecteur semble encore être une chimère, un simple rêve d’écolo. Soit que le projecteur est d’une qualité risible avec une résolution à faire saigner les yeux (genre, comme un VHS) ou bien ça coûte le prix d’une bagnole. Presque. Du même souffle, je dois ajouter que ces dernières se sont nettement améliorées. Dieu merci, car si je m’étais fié à mon expérience avec le premier projecteur que j’ai acheté, et qui a passé à travers quatre lampes avant qu’on change pour un modèle « full HD », je n’aurais pas continué à vouloir utiliser un projecteur et je me serais découragé. À 300 $ par lampe en moyenne, ça devient un hobby dispendieux et remonte solidement le coût d’utilisation. Une lampe durait autour de 1000 heures et sautait. Pouf! La machine aura duré près de cinq ans, et on sera tous d’accord pour dire que comparé à une télé, c’est plutôt merdique. Tout à fait. Le nouveau modèle, nettement meilleur à mon avis, trouve non seulement le moyen de plus que doubler la luminosité (nous sommes passés de 1200 à 2800 lumens), mais la lampe dure aussi beaucoup plus longtemps. Elle coûte 270 $ pour ce modèle particulier, mais à ce stade-ci le projecteur en est encore à utiliser la lampe d’origine (le coût d’achat du projecteur était d’environ 900 $) et on a largement passé le cap des 2500 heures d’utilisation (elle est prévue pour 5000 heures à la brillance maximale, et 6000 en mode éco, qui est celui qu’on utilise). Pour mettre en perspective, si on regarde un film de deux heures à chaque jour, ça devrait durer huit ans. Donc huit ans où on n’a pas à grimper sur un escabeau, ouvrir l’engin et remplacer la lampe (ce qui n’est pas compliqué, juste chiant vu qu’il faut attendre qu’elle refroidisse près de 15 minutes pour ne pas y laisser des doigts). Au final, c’est ce genre de maintenance qui n’a pas d’équivalent sur une télé—en plus de l’installation plus complexe, bien sûr—qui en fait reculer plusieurs. Mais mon expérience avec ce nouveau modèle me dit qu’on n’est plus très loin du Saint Graal en la matière, soit un projecteur 4K ultra HD, à lampe DEL d’une durée de 30 000 heures, qu’on installe avec le même soin que maintenant mais que par après, tout ce qu’on aura à faire c’est de savourer l’expérience. Si j’avais vingt ans, je serais peut-être tenté d’attendre pour cet hypothétique projecteur parfait… En attendant, j’écoute mes films et je trippe.

Un projecteur n’a pas de haut-parleur comme une télé…?

J’ai mentionné l’amplificateur audio au début de l’article, et il faut bien dire que c’est un incontournable. Si vous n’en avez pas un, il faudra l’acheter car un projecteur ne comporte en général pas de haut-parleur, et ceux qui en ont un… c’est tout juste bon pour un usage dans une petite salle de cours (et encore !) avec un son de cacanne (si quelqu’un en France me lit il va être mal pris avec ce mot, donc explication : un son de canne de conserve). À noter qu’une télé actuelle, ultra-plate, n’a pas vraiment de son digne de ce nom de toutes manières. Oh, on a plein de fréquences aigües, c’est sûr, mais pour les basses on repassera. Sans caisse de résonance, il faut au minimum s’acheter une barre de son accompagnée d’un caisson de graves. Donc, peu importe que ce soit une télé ou un projecteur, il faut ajouter une solution pour le son, on n’y échappe pas. Il y a plusieurs bonnes marques d’ampli sur le marché et honnêtement, on peut trouver de quoi capable de faire un excellent travail à partir de 400 $. Il faut aussi apporter une certaine attention aux haut-parleurs, si on veut bénéficier d’une expérience cinéma qui se tienne. J’en utilise une paire à l’avant, à laquelle s’ajoute un haut-parleur de centre, ensuite une paire à l’arrière et un caisson de graves pour finir. Si on aime la musique et le cinéma, c’est le glaçage sur le gâteau. On peut s’en sortir pour moins cher avec une télé, mais encore là l’expérience va être à la hauteur de l’investissement. Sauf que pour dire les choses comme elles sont, il n’est pas nécessaire de dépenser une fortune colossale pour parvenir à un son d’une excellente qualité. Si on compte 250-300 $ pour le caisson de sous-graves, 400 $ pour les haut-parleurs avant, 150 $ pour le canal centre et pour finir 150 $ pour les haut-parleurs satellites à l’arrière (canal surround), on a de quoi de très satisfaisant. Donc environ 1400 $ de budget pour le son. Et rien n’empêche de commencer avec juste la paire de haut-parleurs principaux (gauche et droite), puis ajouter les autres au fur et à mesure que le budget le permet. On dit toujours que l’argent ne pousse pas dans les arbres…

En me relisant, je pense qu’il y a de bonnes chances pour que j’aie juste réussi à vous décourager d’installer un projecteur. Ça se peut. Disons qu’il faut un peu plus de détermination et de précision pour procéder à l’installation d’un projecteur que pour une télé, tout en gardant à l’esprit que c’est dans le but d’obtenir une image fantastique que tout le monde va vous envier. Et puis, pour les fans de sport, j’avoue que rien ne peut se comparer avec une telle image, à part qu’être au Centre Bell en personne (et encore, ça prend des billets qui coûtent parfois assez cher pour rentabiliser l’achat d’un projecteur d’un seul coup !). Mais JAMAIS je n’oublierai la sensation que j’ai ressentie quand j’ai revu le film « La guerre des étoiles, épisode IV » sur le mur de mon salon. Je suis retourné d’un seul coup dans la grande salle de cinéma en 1976 à la sortie du film, où mon papa nous avait emmenés pour voir le film.

Sauf que cette fois-ci, j’étais chez moi, dans mon salon, mon pop-corn ne m’a pratiquement rien coûté et j’avais le pouvoir suprême d’appuyer sur PAUSE n’importe quand…

Menoum…

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